A Genève, des employées décrivent leur calvaire au sein d’une société immobilière. Une entreprise engagée dans le projet du quartier de l’étang, en cours de construction à Vernier. Face aux agissements de leur directeur, huit femmes, employées ou ex-employées de la société, ont décidé de témoigner. Ensemble, elles ont dénoncé les comportements ambigus de leur supérieur alertant les administrateurs mais aussi l’Office cantonal de l’inspection et des relations du travail.

Marie Prieur

Leurs témoignages s’étalent sur 13 pages. Et ce qui ressort après la lecture de ces lignes, c’est un profond malaise. Les huit femmes qui ont décidé de sortir du silence décrivent des scènes hallucinantes. Elles mettent toutes en avant la façon dont leur supérieur leur fait la bise. En leur mettant la main sur les hanches, en ne tournant pas la tête et en les embrassant à la limite des lèvres plutôt que sur les joues. A celles qui tentent d’y échapper, le directeur rétorque: “Ici, on ne fait pas la grève des bisous.”

Les employées citent aussi les remarques sur les tenues vestimentaires accompagnées de regards persistants. Au point qu’elles se renseignent sur l’agenda du directeur pour choisir leurs habits en fonction. Deux d’entre elles décrivent des gestes totalement déplacés, tels qu’une main glissée sous la jupe. A cela s’ajoutent des engueulades, des insultes voire de véritables humiliations publiques.

Toutes parlent d’une atmosphère malsaine de manipulation et d’intimidation. L’une des salariées écrit: “On ne lui dit pas non.” Une autre raconte qu’elle “vient au travail avec une boule au ventre”. Une troisième ajoute: “Nous ne sommes pas des employées à ses yeux mais uniquement des jouets.”

Sur les huit témoins, plusieurs ont préféré démissionner pour, disent elle, “préserver leur santé”. Celles qui restent demandent le départ immédiat du directeur. Elles ont commencé par alerter les administrateurs mais, le responsable a été maintenu en poste. Le fait de le côtoyer tous les jours a, selon leurs mots, accentué leur mal-être. Elles se disent victimes d’insomnie, de crise d’urticaire, de stress aigu et de pleurs incontrôlés. D’où leur décision de prévenir l’Office cantonal de l’inspection et des relations du travail.

Contacté, l’administrateur de la société explique avoir pris un certain nombre de mesures et confirme avoir rendez-vous prochainement avec l’OCIRT. Quant au directeur lui-même, il n’a pas répondu à notre appel.

@marie_prieur

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